En partant de la rue des Rosiers, nous rencontrons le balayeur de rues.
J’ignorais que ce service subsiste toujours à Paris, mais il est vrai que le subtil aménagement des rues en dos d’âne et l’infrastructure hydraulique toujours en place, le permet. On ne voit d’ailleurs nulle part ailleurs tant de mégots dans les caniveaux. Les fumeurs doivent pertinemment savoir qu’ici leurs clopes seront emmenés par les flots, dieu sait où.
Comme nous logeons à deux pas de la place des Vosges, allons d’abord voir le
musée Victor Hugo à l’Hôtel de Rohan-Guéménée.. Par chance, l’exposition sur sa compagne
Juliette Drouet y a été prolongée. L’appartement de Victor Hugo ne contient pas les meubles d’origine, dispersés au moment de son exil, mais des meubles d’époque, ou en provenance de sa maison à Guernesey. En général, beaucoup de bois sombre et sculpté, rappelant une des maisons de la branche belge de la famille. Dans une salle, le “salon chinois” de Juliette Drouet, créé pour elle par Victor Hugo, a été installé. L’exposition sur son amie Juliette était très réussie: une femme charmante au sourire de Mona Lisa, qui a organisé l’exile de Victor en 1851 et lui écrivait tous les jours; 50 000 billets doux sur une quarantaine d’années.
Après ces inspirations romantiques, nous avons rejoint à pied le Jardin des Plantes, non sans déjeuner chez “Amore mio”, un restaurant italien authentique sur la rue Linné (5e). Les commentaires sur internet, voir le lien, sont critiques, mais j’ai mangé de bonnes penne a la siciliana, tiramisu fait maison, mais un peu trop riche. Celui que j’ai mangé un soir de 1993 au lac de Come reste la référence! La mosquée de Paris est toute proche, et beaucoup d’hommes avec des couvre-chefs musulmans reviennent en discussion animée.
Au
Jardin des Plantes, les serres sont fermées pour rénovation. Nous nous contentons de le traverser en diagonale, de la rue Lacépède à la place Valhubert. Mo tombe en admiration devant la taille des platanes le long de l’allée en face du musée national d’Histoire Naturelle. Un travail de jardinier d’une rigueur exceptionnelle. Ici aussi des arbres déjà en fleurs.
Photo faite par Mo sur le téléphone mobile
Rapide passage à la gare d’Austerlitz, dont j’avais gardé un souvenir d’une certaine élégance classique, mais elle est complètement délabrée. Transfert en RER à la Bibliothèque Nationale de France, projet de François Mitterand, pour son intérêt architectural et centre de documentation.
Effectivement l’architecture d’ensemble est grandiose.
Les tours, en forme de livres ouverts, entourent un jardin enfoui à 10 mètres de profondeur. A l’intérieur, un déambulatoire, au niveau du jardin-cloître permet de passer de tour en tour et de visiter les différentes salles de lecture. En fait les tours étaient conçus pour le stockage des livres, ce qui n’était pas une bonne idée, vu leur structure en verre.
Le personnel devient très prévenant quand on s’annonce comme spécialiste de la documentation, et nous sommes “exonérés” au même titre que les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RMI, de l’aide sociale, etc... Dans la salle de littérature française, je fait une recherche dans la base OPAL,
sur Frank Wilhelm (aussi connu sous le nom de François Guillaume) ET Victor Hugo, et en effet, la salle de lecture héberge, de sa plume, les actes du colloque sur Victor Hugo à Vianden du 8 au 11 Novembre 2002 (Notice n°
FRBNF39947185). Petite déception: le volume est emprunté. Autre déception: pour visualiser un document numérisé, il faut s’inscrire, ici on n’est pas sur internet. Il y a beaucoup de chercheurs dans les salles (pas de photo!) et le nombre de jeunes gens travaillant sans l’aide de l’ordinateur étonne. Certains finissent par baisser les yeux dans cette atmosphère feutrée, tant par l'acoustique que par la qualité de l’air.
Après une restauration dans un pub anglais du coin, thé, crumble, lager beer, et les championnats du monde de cricket à la télévision, nous reprenons le
métro n° 14 pour rentrer.
Inaugurée en 1998, il roule sans machiniste et s’arrête derrière des parois coulissantes qui s'ouvrent automatiquement avec les portes.
Ce qui m’a étonné, ce sont les accélérations et freinages qui se ressentent comme dans un métro normal. Les conducteurs de métro, seraient-ils aussi sur pilote automatique?
Passé la soirée avec Sophie aux 7 Lézards, dont elle a apprécié l’ambiance et la cuisine; encore que la lasagne était limite, mais c’est un plat difficile pour un restaurant.